SOMMES-NOUS CAPABLES DE CHANGER ?

L’autre jour, en visite chez mon médecin pour un bilan énergétique, je lui confiais comme je peinais à me défaire de vieux schèmes et lui faisais part de mon impatience à concrétiser mes projets. Nous eûmes une discussion fort intéressante au sujet de notre aptitude à changer. Il pensait que nous autres humains ne changions que par «épuisement». Par «épuisement», il entendait que nous nous accommodions de notre condition par confort. «C’est confortable, jusqu’à ce que cela ne le soit plus». Nos ressources épuisées, le changement deviendrait alors inévitable. Vous suivez ? Avant d’être acculés, n’aurions-nous donc aucune raison valable de changer ? Cela ne reviendrait-il pas à dire que notre capacité à apprendre – et à fortiori à changer – ne peut se faire que par l’élimination progressive des erreurs…? L’Errat-Homme est-il en mesure de reconnaître et suivre son intuition ?

Après tout pourquoi changer ses bonnes vieilles habitudes si elles nous font du bien ? Par « faire du bien » j’entends « qui ne nuit pas à notre santé ni à celle des autres ». Alors comptabilisons… combien de vraies bonnes habitudes avons-nous et pratiquons-nous de façon quotidienne, qui soient bénéfiques, justes, voire altruistes ? Peut-être en trouverons nous 3 ? 4 ? Autrement dit, l’essentiel de nos habitudes est nuisible, soit pour nous, soit pour les autres, soit pour nous et les autres. Sommes-nous devenus des Êtres accros au négativisme ou l’avons-nous toujours été ?

Il y a celles qu’on affectionne mais qui nous font du mal, celles qui heurtent les autres au passage, celles qu’on déteste mais dont ont est dépendant, celles qu’on ne veut pas voir, celles auxquelles on s’accroche par fatalité « c’est pas à mon âge que je vais changer », celles qu’on se garde par peur… du vide peut-être. Il y a au moins autant de manies que d’humains sur cette planète.

Un jour, on finit par se brûler à la chandelle. Pourtant les signes avants coureurs étaient là. Ils le sont toujours. Soyons de bonne foi POUR UNE FOIS. Nous les voyons et les contournons fièrement. Ignorer ces signaux est aussi une habitude d’indifférence qui amène à un endolorissement des sens.

Lorsque le regard que nous portons sur une chose change, alors cette même chose se met à changer. Apprenez à être vigilant, et devenez votre propre observateur. Vous constaterez que tout est là. Plus vous prêterez attention à ces détails plus ils s’intéresseront à vous et vous réaliserez que la vie n’est qu’une succession de synchronicités qui vous racontent.


1. Je descends la rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je tombe dedans.
Je suis perdu… je suis désespéré,
Ce n’est pas ma faute.
Il me faut longtemps pour en sortir.

2. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je fais semblant de ne pas le voir.
Je tombe dedans à nouveau.
J’ai du mal à croire que je suis au même endroit,
Mais ce n’est pas ma faute.
Il me faut encore longtemps pour en sortir.

3. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le vois bien.
J’y retombe quand même… c’est devenu une habitude.
J’ai les yeux ouverts
Je sais où je suis
C’est bien ma faute.
Je ressors immédiatement.

4. Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le contourne.

5. Je descends une autre rue…

Cet extrait du Livre Tibétain de la Vie et de la Mort de Sogyal Rinpoché 1 exprime on ne peut plus simplement les fonctionnements auxquels nous sommes en proie. C’est un texte qui parle de schémas qui se répètent, de responsabilité, de patience, de discernement et finalement de changement.

Dire « ça n’est pas de ma faute » c’est évidemment notre réponse refuge à tous. Comment se pourrait-il que je sois responsable de ma propre perte?

Se remettre en question demande du courage, et changer de la vigilance, de la discipline et une bonne dose de volonté. Sans véritable volonté de changer-guérir-avancer-agir aucune transformation n’est possible.

Je peux vouloir que vous changiez mais si vous ne l’avez pas fermement décidé, vous-même, rien ne se produira. Je crois personnellement que si l’histoire se répète, c’est que d’une, elle n’a pas été comprise, mais surtout qu’elle est pour l’heure, plus confortable que toute autre situation. Parfois même cette situation correspond à ce qu’on a toujours connu, et alors il est plus rassurant de rester dans un trou profond dans le trottoir, plutôt que de le quitter pour explorer un espace encore inconnu.

Cela me fait penser au cas d’une patiente diabétique de type 1 dont les glycémies sont particulèrement instables. Elle sait parfaitement la rigueur que cela exige, en effet elle est diabétique depuis l’âge de 4 ans. Avoir un rythme, impliquant de se lever ou manger à heure fixe, surveiller ses glycémies à des moments clés de la journée, font partie de l’inévitable check-list pour éviter les variations extrêmes des glycémies. Mais voilà l’esprit de Madame T. est bien volatile, et l’appelle sans cesse à d’autres activités, qui lui semblent évidemment plus importantes et prioritaires sur sa santé. Résultat, cette patiente multiplie les comas hypoglycémiques. Dans ces moments là, elle n’est évidemment plus maîtresse d’elle même, et doit donc être secourue. Finalement tout cela répond parfaitement à la carence affective béante qu’elle porte. Il y a un manque qui réclame d’être comblé. Quelque part, quelque chose en elle provoque inconsciemment des situations dans lesquelles on prend enfin soin d’elle. Il ne tient qu’à elle de se rendre consciente de cela, mais sa volonté d’être aimée est plus forte que sa volonté de s’aimer soi-même.

C’est ce que Freud appelait « les bénéfices de la maladie2 ». On accepte sa condition en échanges d’avantages inconscients. Par loyauté envers nos ancêtres ou ce qu’on a pu être, pour se conformer à ce que l’on pense que l’on attend de nous, pour acquérir une forme de reconnaissance qu’on pense ne pas pouvoir obtenir autrement,…

Nous sommes devenus si hermétiques au changement, que l’idée même de vouloir être heureux nous fait l’effet d’une farce. Le bonheur a ce petit je ne sais quoi de risible ?

En chemin, vous serez moquez, assurément, on vous croira sous le joug d’un illuminé, d’une secte, certainement… et vous, vous serez las. Las de devoir vous justifier. Alors vous prendrez vos distances avec ces visages devenus étrangers, et alors ils redoubleront d’effort pour ne pas vous perdre, pour vous sauver des griffes du Grand-Méchant-Bonheur. « Comment ça tu nous laisses tomber ?  On était pas bien dans ce trou tous ensemble ? On se tenait chaud… ». Hop le naufragé devient sauveteur, bien qu’il ne sache pas nager. « Adios les moches, c’est sans regret ». Retournement final. Rideau.

Nous sommes d’absurdes guignols !

On trouve en Occident une forme d’attachement à la souffrance toute particulière. On entend souvent les patients dire « ma souffrance, ma dépression, mes phobies,… » comme s’ils les chérissaient, comme si c’était tout ce qu’ils possédaient. Ces maladies — le mal a dit — sont les symptômes d’une civilisation piégée dans l’égrégore de son mental inférieur. « Le mental cérébral inférieur est hypnotisé par une panoplie d’illusions qui l’ont entaché des impressions de sa supériorité pensante3 ».

« Tôt ou tard, l’ego insufflé par un discernement en éveil, se rend compte du mensonge et des limitations de son muscle cartésien4 ». Nos zones d’ombres sont voraces. A nous de décider de cesser de les alimenter, en substances et en relations toxiques,… et de les remplacer tout simplement par une nourriture plus raffinée et salutaire pour l’âme.

Rien ne sert de s’écrire des listes à rallonge qui nous mettrons inévitablement en échec. Si juste aujourd’hui, nous arrivons à avoir une parole impeccable, si juste aujourd’hui, nous parvenons à rester concentré, à manger sainement, à ne pas fumer, à nous coucher tôt,… alors BRAVO ! Lao-Tzu dit dans le Tao Tö King : « Un voyage de mille lieues a commencé par un pas5 ». Et je rajouterai que chaque pas est une victoire.

En ce qui me concerne, j’essaie de m’adonner à un petit jeu, puisqu’il faut bien rire de soi. Quand la voix de la flemme se fait entendre, et avouons-le cela se produit souvent, je combats l’idée immédiatement.

Mise en situation — « Ah oui tu ne veux pas écrire cet article ? Tu veux l’écrire après ta sieste parce que tu as trop mangé ? Mmmmm… ».

MAWASHI GERIIIIIIIIIIII
J’atomise cette flemme instantanément !

Exemple 1 :

  • Moi : Eh Mental on a gagné à l’Euromillion !!!
  • Mental : Arrêttttttttttteeeee !!!!!!!!

Exemple 2 :

  • Moi : Eh Mental on prend une douche glacée !!!
  • Mental : ( dans le coton )

Energie au plafond, zéro conséquence néfaste, pattern évité, mission accomplie, auto-satisfaction +1000, danse de la joie ! Y a t-il meilleur remède que l’humour ? C’est en tous cas comme ça que je tente de me rééduquer, de rééquilibrer mon Tamas6 – cet état d’inertie et d’ignorance – dans lequel nous sommes tous plongés.

« Seule une conscience supérieure peut convaincre l’ego des limites de son attribut rationnel7. »

Je m’incline devant mon maitre intérieur qui sait toujours se faire entendre.
Je m’incline devant vous braves guerriers de lumière, qui affrontez chaque jour vos peurs les yeux dans les yeux.

Aujourd’hui, j’ai mis la procrastination KO et j’ai donné à manger à ma créativité que j’affame trop souvent. Soudain il pousse des ailes à mon imagination, et je pense déjà aux autres sujets que j’aimerais partager avec vous.

Poquito a poco… Voilà un moment que je dompte mon impatience…

Il parait qu’il faut 40 Jours pour transformer une mauvaise habitude en bonne habitude. Je vous dit ce qu’il en est dans 1 mois et demi.

Amour & Courage.

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